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Les apnées du sommeil diagnostiquées à Lens

Équipé de capteurs, Jean-Marc effectue une polysomnographie afin de savoir s'il souffre d'apnées du sommeil. Si c'est le cas, un traitement par pression positive continue lui sera prescrit.

Environ deux millions de cas de syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAOS) sont diagnostiqués en France, mais en réalité les personnes souffrant de cette maladie seraient bien plus nombreuses. Reportage au centre du sommeil de l'hôpital de Lens.


« Je fais des malaises fréquents au volant, des pertes de connaissance de deux secondes en général, mais la dernière fois, c'était le néant complet. J'ai juste eu le temps de me rabattre et de me garer. La nuit, je ronfle beaucoup et le matin au réveil, j'ai les paupières lourdes, je me sens fatigué, j'ai l'impression que je n'ai pas dormi », raconte Jean-Marc, un chauffeur-routier lillois de 56 ans, envoyé en consultation par son cardiologue au centre du sommeil de l'hôpital de Lens, ouvert depuis 1996. « Je ronfle et j'arrête de respirer d'un coup.
Ce sont mes enfants qui me l'ont dit quand je suis allée en vacances chez eux. Je leur ai fait peur », confie Ghislaine, 63 ans, installée dans une chambre voisine de celle de Jean-Marc.


Des arrêts respiratoires durant parfois jusqu'à 50 secondes Somnolence, troubles de la mémoire, de l'humeur ou de l'acuité auditive, maux de tête matinaux, grande fatigue, voilà pour les symptômes diurnes. La nuit, ronflements, agitation, réveils fréquents pour uriner, réveils en sursaut, somnambulisme, sueurs, salivation excessive, essoufflement et arrêts respiratoires peuvent traduire un syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAOS), dont souffriraient en France quelque 2 millions de personnes. Le plus souvent, c'est le conjoint qui donne l'alerte. « Il s'agit d'un problème des voies aériennes supérieures. Soit leur calibre est rétréci et on parle d'hypopnée, soit il est carrément obstrué et on parle alors d'apnée. Chez une personne souffrant du SAOS, on peut enregistrer 30 à 40 arrêts respiratoires de 10 à 50 secondes en une heure. On ne meurt pas. La nature est bien faite : le cerveau reste en alerte pour surveiller le coeur, mais ce dernier travaille sans oxygène et se fatigue, ce qui multiplie les risques de maladies cardio-vasculaires ou d'accidents vasculaires cérébraux », explique le Dr Luminita Lucaci, l'une des quatre pneumologues du centre du sommeil de l'hôpital de Lens, où sont prises en charge les personnes atteintes du SAOS (plus de 400 cette année).


Il existe deux méthodes pour poser un diagnostic sur les symptômes décrits par les patients. Réalisée le plus souvent à la maison, la polygraphie ventilatoire, à l'aide d'un polygraphe, un appareil équipé de capteurs corporels, permet d'enregistrer durant le sommeil les mouvements du corps, sa position, les mouvements respiratoires thoraciques et abdominales, les ronflements, le flux nasal, la saturation en oxygène et la fréquence cardiaque. La polysomnographie, qui nécessite elle une hospitalisation d'une nuit, utilise elle aussi des capteurs. En plus des données enregistrées lors d'une polygraphie, cette technique mesure l'activité électrique du cerveau, du coeur et des muscles. Le patient est également filmé dans son lit par une caméra vidéo.


Une bonne hygiène de vie primordiale « À l'heure actuelle, le traitement le plus utilisé est la pression positive continue. Lors de son sommeil, le patient doit porter un masque relié à un appareil qui va insuffler suffisamment d'air pour lui maintenir les voies aériennes supérieures ouvertes. Au bout de quelques jours, le patient renoue avec un sommeil récupérateur et sa qualité de vie est nettement améliorée. Celle du conjoint également », souligne le Dr Lucaci. Loué 25 E la semaine à un prestataire de matériel médical, l'appareil est pris en charge par la sécurité sociale si 30 apnées minimum sont enregistrées par heure. Une prothèse d'avancement mandibulaire a également été mise au point. Non remboursée, elle est encore très peu prescrite. Même si ces traitements sont les plus efficaces pour lutter contre le SAOS, le respect d'une bonne hygiène de vie reste essentiel. « L'obésité, l'alcool, le tabac ou les somnifères, comme le rappelle la pneumologue lensoise, sont en effet des facteurs aggravants des apnées du sommeil. »

GAËLLE CARON > gaelle.caron@nordeclair.fr
Publié le lundi 14 décembre 2009

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