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L'insomnie: questions et réponses

Le blogue de Martin Winckler (Marc Zaffran, M.D.)
Marc Zaffran, M.D., a exercé la médecine de famille en France, de 1981 à 2008. Parallèlement, il a publié près de 35 ouvrages sous le pseudonyme de Martin Winckler. Son roman le plus connu : La Maladie de Sachs. Depuis février 2009, il vit à Montréal. Il dirige, aux Éditions de l’Homme, la collection «La Santé en Questions». Il y a déjà publié Choisir sa contraception (2008) et Les menstruations (2009).
15 mars 2010 
L'insomnie: questions et réponses
1. J'essaie de me coucher toujours à la même heure, soit 22 h, et je me lève vers 6 h le lendemain. Mon gros problème est que je me réveille souvent vers 2 h, pour ne plus me rendormir; ce qui me stresse énormément. Mes meilleures nuits se résument à ne me réveiller que 2 ou 3 fois, mais réussir à me rendormir quand même. J'ai le sommeil très léger et évidemment, pas du tout réparateur.
Réponse
Quand on est franchement réveillé, il est souhaitable de « recommencer » son endormissement. Si vous restez dans votre lit, l'angoisse de ne pas dormir va vous maintenir éveillé(e). Levez-vous, allez vous faire chauffer une tisane ou un demi-bol de lait, mangez un biscuit, recouchez-vous avec un livre agréable à lire (pas un thriller de Stephen King) et attendez le sommeil. Le fait d'avaler du chaud et de manger un peu active la digestion, qui favorise l'endormissement (c'est pour ça que tant de personnes font la sieste en début d'après-midi). Et si vous mangez peu le soir, le manque de sucre peut favoriser un réveil nocturne, surtout s'il est aussi précis. 
2. Peut-on faire de l'insomnie à 6 1/2 ans? Depuis environ 2 mois, mon enfant se réveille vers 4 h ou 5 h du matin et me demande s'il peut se lever, car il n'est plus fatigué. Parfois, il prend un livre et je pense qu'il se rendort, mais pas toujours. Pourtant, il se couche à 20 h ou 20 h 30 le soir et il ne dort pas le jour. Avant, il ne se réveillait même pas seul, je devais aller le réveiller à 7 h pour aller à l'école.
Réponse
Il n'est pas insomniaque. Il est « éveillé ». Ça risque de durer 2 ou 3 ans, mais ça ne durera pas éternellement. À 6 1/2 ans, s'il se couche à 20 h, il dort de 8 à 9 heures, et certains petits dorment peu, sans que ça soit anormal. C'est surtout fatigant pour les parents. L'inciter à rester au lit et à prendre un livre est effectivement la meilleure attitude. Mettez-lui un verre de lait et un petit gâteau près du lit, dites-lui de les prendre quand il se réveille et achetez-lui des livres qu'il aime lire. Il ne vous empêchera pas de dormir et il s'instruira. Mais il n'est pas insomniaque. Beaucoup d'enfants sont comme ça vers 4 à 8 ans. 
3. Mon père est âgé de 76 ans. Depuis plusieurs années, il souffre d'insomnie. Ses nuits peuvent varier de 2 à 5 heures. Lorsque ses nuits sont plus courtes, il est évidemment fatigué et a de la difficulté à se concentrer pour effectuer ses tâches quotidiennes. Son médecin lui a prescrit des Ativan (2 mg) 1 heure avant le coucher. Avec cette médication, il y a 2 problèmes. Le premier, c'est l'efficacité peu constante du médicament. Parfois, cela fonctionne, parfois, non. L'autre difficulté est que mon père résiste au fait de prendre une médication à laquelle il peut devenir rapidement dépendant. En 2010, existe-t-il une ou des médications pouvant traiter le problème d'insomnie, sans créer d'accoutumance au médicament?
Réponse
Vous dites « quand ses nuits sont plus courtes... » ce qui veut dire que s'il dort 5 heures, il va bien, ce qui est fréquent après 70 ans. Ce n'est pas de l'insomnie, mais le raccourcissement du sommeil lié à l'âge. Il faut certainement éviter tous les médicaments, car sur le système nerveux d'une personne âgée, ils sont aussi toxiques (pour la mémoire, pour la désorientation) que sur celui d'un nourrisson. En revanche, s'il se réveille la nuit (et en particulier s'il se lève pour aller aux toilettes), incitez-le à aller grignoter quelque chose, à se recoucher avec une tisane et à lire pour attendre que le sommeil revienne. Et s'il ne dort pas bien cette nuit-là, suggérez-lui de faire une sieste réparatrice dans l'après-midi qui suit. Il aura sommeil plus tard, se couchera plus tard... et se réveillera probablement plus tard aussi. Mais surtout, évitez les médicaments. 
Écouter la radio (de la musique douce) au lit peut aussi aider à dormir... 
4. Je n'ai aucun problème pour m'endormir, mais régulièrement, mes yeux s'ouvrent toutes les 2 heures, et cela jusqu'à mon réveil le matin. 
Est-ce une sorte d'insomnie et si oui quel serait le remède pour passer des nuits complètes?
Réponse
Non, ce n'est pas une insomnie, c'est dû au fait que vous vous réveillez un peu plus que d'autres personnes, au bout de 2 heures de sommeil (ce qui est normal, puisqu'on dort par cycles de 2 heures environ). Vous avez le réveil facile. Si c'est récent, c'est peut-être dû à des soucis ou un événement stressant dans votre vie. Si vous vous rendormez sans problème, il n'y a rien à faire, sinon vous rassurer : ce n'est pas anormal. 
5. Je fais de l'insomnie de 2 à 3 par mois, 2 à 3 jours avant mes menstruations. Y a-t-il un lien avec mon cycle et y a-t-il quelque chose à faire?
Réponse
Le fait que ce soit situé pendant la dernière partie de votre cycle indique que c'est effectivement lié. Le « sevrage » des hormones (dont la sécrétion « chute » en fin de cycle) a des effets sur le cerveau : l'irritabilité ou l'envie de pleurer que certaines femmes ressentent à l'approche des règles peut s'accompagner (ou être remplacé) par des difficultés à dormir (ou des réveils fréquents). Là encore, boire un bol de lait le soir au coucher ou pendant la nuit peut largement suffire. 
6. Depuis ma préménopause, j'ai commencé à avoir des troubles d'insomnie. Mon médecin m'a prescrit de l'Ativan que je prenais les fins de semaine seulement (1 mg). Après 1 mois, j'ai reçu un diagnostic de cancer du sein et c'est alors que j'ai pris de l'Ativan sur une base journalière jusqu'à 2 mg. J'ai réussi à revenir à 1 mg, mais j'ai essayé à quelques reprises de m'abstenir et je n'arrivais pas à dormir, malgré mon abstinence de caféine sous toutes ses formes. Je lis 15 minutes au lit pour me relaxer, mais il n'y a rien à faire. Est-ce que la ménopause peut amener certaines femmes à souffrir d'insomnie durant plusieurs années? Est-ce que l'Ativan crée une dépendance pour laquelle on ne peut plus se défaire?
Réponse
Je ne crois pas que la ménopause en elle-même soit responsable, puisque vos troubles ont commencé avant. La cause actuelle de votre insomnie, c'est peut-être bien l'Ativan lui-même. 
L'Ativan et tous les médicaments de la famille des benzodiazépines (leur nom chimique, inscrit sur la boîte, se termine en « azépam ou azépate ») sont des tranquillisants qui détendent, mais qui ne font pas dormir. Ils permettent l'endormissement et leur efficacité est essentiellement de calmer l'angoisse. Mais ce sont des médicaments TRÈS addictifs, et leur arrêt (ou la prise intermittente) provoque une remontée de l'angoisse qui peut alors obliger à en prendre en permanence. 
Pour arrêter un médicament comme celui-là, il faut en diminuer la dose très très progressivement (sur plusieurs mois), en prenant des fragments de comprimés de plus en plus petits, en induisant l'endormissement autrement (en mangeant ou en buvant quelque chose de chaud au lit.). Quand ce n'est pas possible de diminuer progressivement (les comprimés ne sont pas sécables à l'infini), il faut choisir une période où il n'y aura pas d'inconvénient à ne pas dormir plusieurs nuits de suite, à récupérer (sieste) pendant les journées suivantes, pour retrouver un rythme sans médicament. La nuit, quand vous ne dormez pas, lisez, écrivez toutes les lettres que vous avez en retard, cuisinez, activez-vous. Ne restez pas dans votre lit à tourner. 
7. J'ai 72 ans, je n'ai pas de problème pour m'endormir, mais je me réveille vers 5 h am et je ne suis pas capable de me rendormir. Je ne mange pas avant de me coucher. J'ai peur de prendre des pilules pour dormir. Le docteur m'a prescrit des riva-zopiclone 5 mg. Est-ce que je peux m'habituer à cela?
Réponse 
Si vous vous réveillez à 5 h, c'est soit que vous n'avez plus besoin de sommeil, soit parce que vous avez faim... Essayez de manger un peu juste avant de vous coucher. Et si ça ne suffit pas à vous faire dormir plus, choisissez une activité qui vous fait plaisir à faire entre 5 h du matin et le moment où vous commencez habituellement votre journée. Je vous déconseille de prendre des médicaments. 
8. Je suis insomniaque depuis 2 ans. Mon mari est tombé malade et est décédé fin 2008, par la suite je n'ai jamais pu retrouver un sommeil normal. Mon médecin m'a prescrit des somnifères et il change de sorte quand ils ne font plus effet. En vacances, j'essaie de m'en passer, mais je ne dors que quelques minutes sans somnifère. Est-ce qu'il y a un moyen d'en sortir? Il dit que je dois faire de l'exercice et que ça me fatiguera assez pour dormir, mais j'ai de la fatigue chronique, ça ne se guérit pas avec de l'exercice et j'ai tellement mal! Est-ce qu'il y a un moyen d'en sortir? 
Réponse 
Vous avez des troubles du sommeil depuis la mort de votre mari. Cela peut être un signe (et le seul) d'un état dépressif réactionnel. Vous avez subi une perte. Votre insomnie est le symptôme de cette perte, et votre fatigue chronique est peut-être elle aussi le signe de (ou majorée par) cette dépression... Je crois sincèrement que le traitement n'est pas les somnifères, ni même les antidépresseurs, mais d'aller parler à un thérapeute pour vous aider à faire ce deuil et soulager l'angoisse et le chagrin de la perte que vous avez subie. 
9. J'ai 70 ans et, évidemment, à cet âge, on a le sommeil fragile. Et donc, je dois prendre très souvent une petite dose de somnifères (de 1/2 à 1/4 de comprimé de zopyclone); pas plus cependant. Si je m'abstiens, je dors environ 4 heures et le lendemain, je suis très fatiguée et bonne à rien pour le reste de la journée. 
Par contre, je ne veux pas devenir dépendante, et c'est sans doute ce qui m'arrivera, car cette dose semble de plus en plus ne plus suffire. Une bonne sieste de 1 à 2 heures après le dîner s'impose. Drôle de journée!
Réponse
Vous n'avez pas le sommeil fragile, mais court. Ne vous mettez pas au lit à 20 h, mais aussi tard que possible, avec une tisane ou un petit en-cas. Si vous vous réveillez tôt, levez-vous, lisez, occupez-vous et, l'été, s'il fait jour et si vous vous déplacez facilement et si vous aimez ça, sortez marcher. Votre sieste de l'après-midi, vous avez le droit de la faire, puisque vous en éprouvez le besoin. Vos 8 heures de sommeil, il n'y a aucun inconvénient à les prendre en 2 fois! Mais évitez les somnifères. 
10. J'ai un travail particulièrement stressant et j'ai 37 ans. J'ai de la difficulté à m'endormir le soir depuis plusieurs années. Je fais toujours des cauchemars et jamais de rêves. Je me réveille souvent la nuit (mais me je redors rapidement) et le matin, j'ai l'impression que je n'ai pas dormi, alors je suis très fatiguée. Je continuerais à dormir et j'ai beaucoup de difficulté à me lever du lit. La seule chose qui m'aide à dormir profondément, ce sont des comprimés vendus en pharmacie tels que « dormiphen ». Je ne veux pas prendre cela trop souvent pour ne pas développer une habitude. J'ai essayé plusieurs plantes et produits naturels en comprimés ou tisanes, techniques de relaxation (beaucoup d'argent dépensé inutilement) qui n'ont pas fonctionné. Qu'est-ce que vous me conseillez à part quitter mon emploi?
Réponse
C'est la dernière phrase de votre question qui dit tout : vous associez votre insomnie à votre travail. 
Vous pouvez tout à fait avoir raison. Toutes les situations qui peuvent agir sur l'état de veille et produire de l'anxiété ou de la culpabilité peuvent entraver le sommeil : conflit dans le couple ou dans la famille, heurts avec des collègues, insatisfaction professionnelle, etc. Avant de quitter votre travail, il ne serait pas inutile d'aller en parler à un thérapeute (un psychologue, par exemple), qui vous aidera à mettre le doigt sur ce qui vous empêche de dormir. Mais je chercherais aussi à savoir, à votre place, si je n'ai pas des problèmes à respirer la nuit : une déviation de cloison nasale, par exemple, qui entraîne un ronflement ou des apnées du sommeil. Les personnes qui font des apnées peuvent se réveiller souvent et, le matin, elles sont épuisées (et elles piquent du nez au boulot, ce qui ne contribue pas à faciliter la vie professionnelle...) 
Dr Marc Zaffran (Martin Winckler) 
http://blogue.passeportsante.net/martinwinckler/2010/03/l_insomnie_questions_et_reponses.html
Le blogue de Martin Winckler (Marc Zaffran, M.D.)
Marc Zaffran, M.D., a exercé la médecine de famille en France, de 1981 à 2008. Parallèlement, il a publié près de 35 ouvrages sous le pseudonyme de Martin Winckler. Son roman le plus connu : La Maladie de Sachs. Depuis février 2009, il vit à Montréal. Il dirige, aux Éditions de l’Homme, la collection «La Santé en Questions». Il y a déjà publié Choisir sa contraception (2008) et Les menstruations (2009).
15 mars 2010 
L'insomnie: questions et réponses
1. J'essaie de me coucher toujours à la même heure, soit 22 h, et je me lève vers 6 h le lendemain. Mon gros problème est que je me réveille souvent vers 2 h, pour ne plus me rendormir; ce qui me stresse énormément. Mes meilleures nuits se résument à ne me réveiller que 2 ou 3 fois, mais réussir à me rendormir quand même. J'ai le sommeil très léger et évidemment, pas du tout réparateur.
Réponse
Quand on est franchement réveillé, il est souhaitable de « recommencer » son endormissement. Si vous restez dans votre lit, l'angoisse de ne pas dormir va vous maintenir éveillé(e). Levez-vous, allez vous faire chauffer une tisane ou un demi-bol de lait, mangez un biscuit, recouchez-vous avec un livre agréable à lire (pas un thriller de Stephen King) et attendez le sommeil. Le fait d'avaler du chaud et de manger un peu active la digestion, qui favorise l'endormissement (c'est pour ça que tant de personnes font la sieste en début d'après-midi). Et si vous mangez peu le soir, le manque de sucre peut favoriser un réveil nocturne, surtout s'il est aussi précis. 
2. Peut-on faire de l'insomnie à 6 1/2 ans? Depuis environ 2 mois, mon enfant se réveille vers 4 h ou 5 h du matin et me demande s'il peut se lever, car il n'est plus fatigué. Parfois, il prend un livre et je pense qu'il se rendort, mais pas toujours. Pourtant, il se couche à 20 h ou 20 h 30 le soir et il ne dort pas le jour. Avant, il ne se réveillait même pas seul, je devais aller le réveiller à 7 h pour aller à l'école.
Réponse
Il n'est pas insomniaque. Il est « éveillé ». Ça risque de durer 2 ou 3 ans, mais ça ne durera pas éternellement. À 6 1/2 ans, s'il se couche à 20 h, il dort de 8 à 9 heures, et certains petits dorment peu, sans que ça soit anormal. C'est surtout fatigant pour les parents. L'inciter à rester au lit et à prendre un livre est effectivement la meilleure attitude. Mettez-lui un verre de lait et un petit gâteau près du lit, dites-lui de les prendre quand il se réveille et achetez-lui des livres qu'il aime lire. Il ne vous empêchera pas de dormir et il s'instruira. Mais il n'est pas insomniaque. Beaucoup d'enfants sont comme ça vers 4 à 8 ans. 
3. Mon père est âgé de 76 ans. Depuis plusieurs années, il souffre d'insomnie. Ses nuits peuvent varier de 2 à 5 heures. Lorsque ses nuits sont plus courtes, il est évidemment fatigué et a de la difficulté à se concentrer pour effectuer ses tâches quotidiennes. Son médecin lui a prescrit des Ativan (2 mg) 1 heure avant le coucher. Avec cette médication, il y a 2 problèmes. Le premier, c'est l'efficacité peu constante du médicament. Parfois, cela fonctionne, parfois, non. L'autre difficulté est que mon père résiste au fait de prendre une médication à laquelle il peut devenir rapidement dépendant. En 2010, existe-t-il une ou des médications pouvant traiter le problème d'insomnie, sans créer d'accoutumance au médicament?
Réponse
Vous dites « quand ses nuits sont plus courtes... » ce qui veut dire que s'il dort 5 heures, il va bien, ce qui est fréquent après 70 ans. Ce n'est pas de l'insomnie, mais le raccourcissement du sommeil lié à l'âge. Il faut certainement éviter tous les médicaments, car sur le système nerveux d'une personne âgée, ils sont aussi toxiques (pour la mémoire, pour la désorientation) que sur celui d'un nourrisson. En revanche, s'il se réveille la nuit (et en particulier s'il se lève pour aller aux toilettes), incitez-le à aller grignoter quelque chose, à se recoucher avec une tisane et à lire pour attendre que le sommeil revienne. Et s'il ne dort pas bien cette nuit-là, suggérez-lui de faire une sieste réparatrice dans l'après-midi qui suit. Il aura sommeil plus tard, se couchera plus tard... et se réveillera probablement plus tard aussi. Mais surtout, évitez les médicaments. 
Écouter la radio (de la musique douce) au lit peut aussi aider à dormir... 
4. Je n'ai aucun problème pour m'endormir, mais régulièrement, mes yeux s'ouvrent toutes les 2 heures, et cela jusqu'à mon réveil le matin. 
Est-ce une sorte d'insomnie et si oui quel serait le remède pour passer des nuits complètes?
Réponse
Non, ce n'est pas une insomnie, c'est dû au fait que vous vous réveillez un peu plus que d'autres personnes, au bout de 2 heures de sommeil (ce qui est normal, puisqu'on dort par cycles de 2 heures environ). Vous avez le réveil facile. Si c'est récent, c'est peut-être dû à des soucis ou un événement stressant dans votre vie. Si vous vous rendormez sans problème, il n'y a rien à faire, sinon vous rassurer : ce n'est pas anormal. 
5. Je fais de l'insomnie de 2 à 3 par mois, 2 à 3 jours avant mes menstruations. Y a-t-il un lien avec mon cycle et y a-t-il quelque chose à faire?
Réponse
Le fait que ce soit situé pendant la dernière partie de votre cycle indique que c'est effectivement lié. Le « sevrage » des hormones (dont la sécrétion « chute » en fin de cycle) a des effets sur le cerveau : l'irritabilité ou l'envie de pleurer que certaines femmes ressentent à l'approche des règles peut s'accompagner (ou être remplacé) par des difficultés à dormir (ou des réveils fréquents). Là encore, boire un bol de lait le soir au coucher ou pendant la nuit peut largement suffire. 
6. Depuis ma préménopause, j'ai commencé à avoir des troubles d'insomnie. Mon médecin m'a prescrit de l'Ativan que je prenais les fins de semaine seulement (1 mg). Après 1 mois, j'ai reçu un diagnostic de cancer du sein et c'est alors que j'ai pris de l'Ativan sur une base journalière jusqu'à 2 mg. J'ai réussi à revenir à 1 mg, mais j'ai essayé à quelques reprises de m'abstenir et je n'arrivais pas à dormir, malgré mon abstinence de caféine sous toutes ses formes. Je lis 15 minutes au lit pour me relaxer, mais il n'y a rien à faire. Est-ce que la ménopause peut amener certaines femmes à souffrir d'insomnie durant plusieurs années? Est-ce que l'Ativan crée une dépendance pour laquelle on ne peut plus se défaire?
Réponse
Je ne crois pas que la ménopause en elle-même soit responsable, puisque vos troubles ont commencé avant. La cause actuelle de votre insomnie, c'est peut-être bien l'Ativan lui-même. 
L'Ativan et tous les médicaments de la famille des benzodiazépines (leur nom chimique, inscrit sur la boîte, se termine en « azépam ou azépate ») sont des tranquillisants qui détendent, mais qui ne font pas dormir. Ils permettent l'endormissement et leur efficacité est essentiellement de calmer l'angoisse. Mais ce sont des médicaments TRÈS addictifs, et leur arrêt (ou la prise intermittente) provoque une remontée de l'angoisse qui peut alors obliger à en prendre en permanence. 
Pour arrêter un médicament comme celui-là, il faut en diminuer la dose très très progressivement (sur plusieurs mois), en prenant des fragments de comprimés de plus en plus petits, en induisant l'endormissement autrement (en mangeant ou en buvant quelque chose de chaud au lit.). Quand ce n'est pas possible de diminuer progressivement (les comprimés ne sont pas sécables à l'infini), il faut choisir une période où il n'y aura pas d'inconvénient à ne pas dormir plusieurs nuits de suite, à récupérer (sieste) pendant les journées suivantes, pour retrouver un rythme sans médicament. La nuit, quand vous ne dormez pas, lisez, écrivez toutes les lettres que vous avez en retard, cuisinez, activez-vous. Ne restez pas dans votre lit à tourner. 
7. J'ai 72 ans, je n'ai pas de problème pour m'endormir, mais je me réveille vers 5 h am et je ne suis pas capable de me rendormir. Je ne mange pas avant de me coucher. J'ai peur de prendre des pilules pour dormir. Le docteur m'a prescrit des riva-zopiclone 5 mg. Est-ce que je peux m'habituer à cela?
Réponse 
Si vous vous réveillez à 5 h, c'est soit que vous n'avez plus besoin de sommeil, soit parce que vous avez faim... Essayez de manger un peu juste avant de vous coucher. Et si ça ne suffit pas à vous faire dormir plus, choisissez une activité qui vous fait plaisir à faire entre 5 h du matin et le moment où vous commencez habituellement votre journée. Je vous déconseille de prendre des médicaments. 
8. Je suis insomniaque depuis 2 ans. Mon mari est tombé malade et est décédé fin 2008, par la suite je n'ai jamais pu retrouver un sommeil normal. Mon médecin m'a prescrit des somnifères et il change de sorte quand ils ne font plus effet. En vacances, j'essaie de m'en passer, mais je ne dors que quelques minutes sans somnifère. Est-ce qu'il y a un moyen d'en sortir? Il dit que je dois faire de l'exercice et que ça me fatiguera assez pour dormir, mais j'ai de la fatigue chronique, ça ne se guérit pas avec de l'exercice et j'ai tellement mal! Est-ce qu'il y a un moyen d'en sortir? 
Réponse 
Vous avez des troubles du sommeil depuis la mort de votre mari. Cela peut être un signe (et le seul) d'un état dépressif réactionnel. Vous avez subi une perte. Votre insomnie est le symptôme de cette perte, et votre fatigue chronique est peut-être elle aussi le signe de (ou majorée par) cette dépression... Je crois sincèrement que le traitement n'est pas les somnifères, ni même les antidépresseurs, mais d'aller parler à un thérapeute pour vous aider à faire ce deuil et soulager l'angoisse et le chagrin de la perte que vous avez subie. 
9. J'ai 70 ans et, évidemment, à cet âge, on a le sommeil fragile. Et donc, je dois prendre très souvent une petite dose de somnifères (de 1/2 à 1/4 de comprimé de zopyclone); pas plus cependant. Si je m'abstiens, je dors environ 4 heures et le lendemain, je suis très fatiguée et bonne à rien pour le reste de la journée. 
Par contre, je ne veux pas devenir dépendante, et c'est sans doute ce qui m'arrivera, car cette dose semble de plus en plus ne plus suffire. Une bonne sieste de 1 à 2 heures après le dîner s'impose. Drôle de journée!
Réponse
Vous n'avez pas le sommeil fragile, mais court. Ne vous mettez pas au lit à 20 h, mais aussi tard que possible, avec une tisane ou un petit en-cas. Si vous vous réveillez tôt, levez-vous, lisez, occupez-vous et, l'été, s'il fait jour et si vous vous déplacez facilement et si vous aimez ça, sortez marcher. Votre sieste de l'après-midi, vous avez le droit de la faire, puisque vous en éprouvez le besoin. Vos 8 heures de sommeil, il n'y a aucun inconvénient à les prendre en 2 fois! Mais évitez les somnifères. 
10. J'ai un travail particulièrement stressant et j'ai 37 ans. J'ai de la difficulté à m'endormir le soir depuis plusieurs années. Je fais toujours des cauchemars et jamais de rêves. Je me réveille souvent la nuit (mais me je redors rapidement) et le matin, j'ai l'impression que je n'ai pas dormi, alors je suis très fatiguée. Je continuerais à dormir et j'ai beaucoup de difficulté à me lever du lit. La seule chose qui m'aide à dormir profondément, ce sont des comprimés vendus en pharmacie tels que « dormiphen ». Je ne veux pas prendre cela trop souvent pour ne pas développer une habitude. J'ai essayé plusieurs plantes et produits naturels en comprimés ou tisanes, techniques de relaxation (beaucoup d'argent dépensé inutilement) qui n'ont pas fonctionné. Qu'est-ce que vous me conseillez à part quitter mon emploi?
Réponse
C'est la dernière phrase de votre question qui dit tout : vous associez votre insomnie à votre travail. 
Vous pouvez tout à fait avoir raison. Toutes les situations qui peuvent agir sur l'état de veille et produire de l'anxiété ou de la culpabilité peuvent entraver le sommeil : conflit dans le couple ou dans la famille, heurts avec des collègues, insatisfaction professionnelle, etc. Avant de quitter votre travail, il ne serait pas inutile d'aller en parler à un thérapeute (un psychologue, par exemple), qui vous aidera à mettre le doigt sur ce qui vous empêche de dormir. Mais je chercherais aussi à savoir, à votre place, si je n'ai pas des problèmes à respirer la nuit : une déviation de cloison nasale, par exemple, qui entraîne un ronflement ou des apnées du sommeil. Les personnes qui font des apnées peuvent se réveiller souvent et, le matin, elles sont épuisées (et elles piquent du nez au boulot, ce qui ne contribue pas à faciliter la vie professionnelle...) 
Dr Marc Zaffran (Martin Winckler) 
http://blogue.passeportsante.net/martinwinckler/2010/03/l_insomnie_questions_et_reponses.html

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Le groupe médical Santé Sommeil a pour vocation de diagnostiquer et traiter les troubles du sommeil et de la veille chez l’adulte et l’enfant.