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Des neurochimistes identifient une molécule de la panique

Un article du Monde du 1er janvier donne écho à une recherche récente soutenant le rôle important de l'orexine dans l'attaque de panique.
 
L'orexine ayant cependant été déjà l'objet de plusieurs études dans le domaine de la recherche sur l'éveil et ses troubles, la somme des connaissances acquises sur cette molécule, est-il souligné, doit rappeller que ces résultats doivent être interprétés avec prudence : les analyses des travaux récents dirigés par  Jian-Sheng Lin sont cités en ce sens.
 
L'étude a été pulié le 27 décembre dans la revue Nature Medecine "A key role for orexin in panic anxiety", son résumé est en ligne ici : http://www.nature.com/nm/journal/vaop/ncurrent/abs/nm.2075.html

 
Des neurochimistes identifient une molécule de la panique
LE MONDE | 01.01.10 | 14h26  •  Mis à jour le 01.01.10 | 19h35

 
Une attaque de panique constitue un trouble de l'anxiété sévère, où les symptômes mentaux et physiques semblent se nourrir mutuellement : palpitations cardiaques, gêne respiratoire, transpiration, vertige, se combiner à une sensation de perte de contrôle de soi, à l'impression d'être en train de mourir. Si les origines biologique et psychologique de ces crises sont parfois difficiles à démêler, il a été démontré qu'elles peuvent être induites, tant chez l'homme que chez l'animal, par du lactate de sodium ou des inhalations de CO2. Des médicaments permettent de les juguler, mais ils ne sont pas sans inconvénients (risque de dépendance). Une nouvelle étude illustre le rôle d'une hormone dans ce trouble anxieux, pouvant ouvrir des pistes thérapeutiques.

Une équipe américano-suédoise a en effet constaté que certaines molécules inhibitrices de l'orexine (aussi nommée "hypocrétine") pouvaient réduire les comportements de panique observés chez des rats sélectionnés pour présenter ces troubles d'angoisse. Philip Johnson (Université de l'Indiana) et ses collègues ont aussi montré que l'activation des neurones qui synthétisent l'orexine est nécessaire à l'apparition de la panique chez ces rats. Enfin, ils ont constaté que des patients sujets à l'anxiété panique présentaient des concentrations d'orexine dans le fluide cérébro-spinal plus élevées que dans un groupe contrôle.

L'orexine a beaucoup été étudiée pour son rôle dans l'éveil et ses troubles : certains chiens narcoleptiques présentent des mutations de récepteurs à orexine, tandis que chez l'homme, c'est la molécule stimulant ces récepteurs qui fait défaut. Récemment, une équipe dirigée par Jian-Sheng Lin (unité Inserm 628, université Claude-Bernard, Lyon) a montré que des souris manipulées pour ne pas exprimer l'orexine entraient directement en sommeil paradoxal et en catalepsie. Concernant la panique, "corrélation n'est pas causalité", rappelle M. Lin, qui se demande si les antagonistes de l'orexine utilisés par ses confrères n'induisent pas simplement une somnolence chez les animaux.

"Au contraire, les rats ainsi traités montrent plus d'interactions sociales et des comportements d'exploration accrus, ce qui va à l'encontre de l'hypothèse de la sédation", écrivent Philip Johnson et ses collègues. Antoine Pelissolo (Hôpital de la Pitié-Salpêtrière) juge leur étude "préliminaire, mais sérieuse, dans un domaine où les pistes thérapeutiques sont assez limitées".

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