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Apnée du sommeil - La somnolence, un danger méconnu

Les risques engendrés par la conduite après absorption d'alcool ou de calmants sont bien connus. Ceux que courent les conducteurs atteints d'apnée du sommeil le sont moins. Pourtant, ils sont tout aussi importants et la responsabilité du conducteur apnéique peut même être engagée en cas d'accident.

Les constructeurs travaillent activement sur la problématique de la fatigue au volant. Ici Mercedes travaille sur un projet
capable de mesurer la fatigue et de prévenir le conducteur.

Acte banal s'il en est, la conduite d'une automobile demande pourtant une attention de tous les instants, et exige d'être en bonne forme. Cette activité exige en effet des capacités de jugement et de réflexes optimales.

C'est la justification première de la l'interdiction de l'alcool et des psychotropes au volant. C'est aussi l'objectif des campagnes contre la fatigue des conducteurs. On se souvient, par exemple, du slogan : "sur autoroute, toutes les deux heures, une pause s'impose".

La problématique de la fatigue au volant ne se limite pourtant pas à un simple manque de sommeil passager ou au besoin de repos lors dès longs trajets. Elle frappe de manière permanente ceux qui sont atteints d'apnée du sommeil, plus exactement, en langage de médecin, du "Syndrome d'Apnée Obstructive du Sommeil" (SAOS).

Des conséquences graves sur la sécurité routière

Vous ronflez la nuit ? Vous êtes irritables pendant la journée ? Vous vous sentez fatigué dès le réveil ? Prenez garde, vous êtes peut-être atteint de cette affection.

Le SAOS désigne certains troubles de la respiration survenant pendant le sommeil. En clair, la base de la langue chute en arrière pendant le sommeil et vient obstruer le pharynx, provoquant une apnée et une asphyxie. Ce sont des micro réveils, non mémorisés par le patient, qui lui permettent de reprendre sa respiration.

Les dormeurs qui souffrent de ce syndrome sont ainsi réveillés, sans s'en rendre compte, plusieurs fois pendant la nuit et voient leur sommeil durablement perturbé. S'en suit une fatigue profonde, incompatible avec une conduite sûre et responsable.

Les réflexes, le jugement et même le champ de vision des conducteurs en sont lourdement affectés. Selon les spécialistes, les conséquences de ce syndrome sur le conducteur sont équivalentes à celles produites par l'alcool.

Selon différentes études, un adulte sur cinq serait atteint de SAOS, et parmi eux, seulement 10 % seraient pris en charge et traités. Or, ces personnes ont sept fois plus de chances que les autres de provoquer un accident.

Une responsabilité majeure en cas d'accident.

Au delà du risque qu'il représente, le SAOS engage la responsabilité du conducteur qui en est atteint. Un arrêté du 21 décembre 2005 l'a inscrit dans la liste des affections médicales incompatibles avec le maintien ou l'obtention du permis de conduire.

En clair, la loi oblige les patients atteints de ce syndrome à se présenter à la commission du permis de conduire, qui ne leur accordera le droit de reprendre la route que si l'affection a été traitée.

En cas d'accident, les conséquences pour la responsabilité du conducteur seraient graves, car, aux yeux de la loi, il rejoint la longue cohorte des conducteurs sans permis (dans la mesure où il n'est pas autorisé à conduire avec le SAOS).

Des symptômes identifiés

Les risques routiers engendrés par le SAOS sont donc loin d'être négligeables et pourtant, ils commencent seulement à faire l'objet d'une prise de conscience de la part des pouvoirs publics et le monde médical. Les médecins généralistes sont cependant en mesure de diagnostiquer un SAOS si vous en êtes atteint.

Un certain nombre de symptômes doivent vous conduire à le consulter pour en avoir le cœur net.
Le premier d'entre eux est à la fois trivial et banal : le ronflement. La probabilité d'un SAOS est beaucoup plus forte chez les ronfleurs.

Plus encore, si votre conjoint constate que vous vous arrêtez de respirer pendant la nuit ou que vous vous sentez fatigué même après une bonne nuit, la consultation d'un médecin est fortement recommandée.

Autres symptômes du SAOS, l'hypertension, l'irritabilité, les difficultés de concentration, et bien entendu, la somnolence en plein jour. Enfin, le SAOS frappe les obèses plus facilement.

Des traitements efficaces

Pour méconnu qu'il soit, le SAOS est pourtant facilement curable. Le traitement le plus commun fait appel à la "Pression Positive Continue". Ce traitement est constitué par le port, pendant la nuit, d'un masque qui propulse sous pression l'air respiré par le patient, empêchant l'obstruction des voies respiratoires.

L'efficacité de ce traitement est remarquable, et les enquêtes montrent que les sujets apnéiques qui le suivent retrouvent rapidement un niveau de risque d'accidents routiers comparables à la normale.

Il existe également différents types de chirurgies qui permettent de mettre fin définitivement au problème d'obstruction.

Dans nos sociétés hyperactives, la fatigue passe pour un phénomène normal, beaucoup plus acceptable que des pratiques volontaires d'alcoolisme ou de drogues. Or, son impact sur la sécurité routière est massif.

Nul doute cependant que la lutte contre le SAOS au volant sera longue et difficile.

Elle implique presque exclusivement la responsabilité des malades. Contrairement à la vitesse où à l'alcoolisme, la fatigue paraît en effet très difficile à mesurer et à quantifier.

C'est donc aux conducteurs d'adopter l'attitude qui s'impose : consulter son médecin en cas de doute !

Camille Pinet
http://automobile.challenges.fr/dossiers/20061226.LQA1862/apnee-du-sommeil-la-somnolence-un-danger-meconnu.html

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